Retour

RessourcesConseil SIRH

Cadrer un appel d'offres SIRH : cinq questions à régler avant de contacter un éditeur

Un appel d'offres SIRH se gagne ou se perd avant la première démonstration. Quand le cahier des charges décrit un fonctionnement idéal plutôt que le vôtre, chaque éditeur répond « oui » et vous n'avez plus rien à comparer. Voici les cinq questions que nous réglons avec nos clients avant d'écrire une ligne du dossier, et la façon de les traiter.

Grille d'évaluation d'un appel d'offres SIRH : trois éditeurs comparés sur les mêmes exigences, classées indispensable, important, souhaitable

Qu'est-ce qu'un appel d'offres SIRH ?

C'est la consultation par laquelle une entreprise décrit son besoin en système d'information RH (paie, temps, administration du personnel, recrutement, formation, talents) et compare les réponses de plusieurs éditeurs ou intégrateurs sur une même base. Son résultat ne se limite pas à un nom d'éditeur : il fixe aussi le périmètre, le calendrier, le budget et la répartition des rôles. D'où l'importance du travail en amont.

1. Partir du processus réel, pas du processus décrit

Le processus de la procédure qualité et celui que pratiquent les gestionnaires sont rarement les mêmes : fichiers de suivi parallèles, validations par e-mail, exceptions devenues la règle. C'est ce fonctionnement réel que l'outil devra absorber.

Avant d'écrire une exigence, passez une demi-journée avec les personnes qui font le travail et posez trois questions : où perdez-vous du temps, où faites-vous des erreurs, que ressaisissez-vous ? Le cahier des charges qui en sort est plus court, il évite d'acheter des fonctions inutilisées, et les équipes se sentent entendues.

2. Écrire des exigences vérifiables

« L'outil doit être ergonomique » ne départage personne. Une exigence utile décrit une situation, le résultat attendu et la façon de le constater.

Quatre exigences réécrites pour devenir vérifiables

Exigence floueExigence vérifiableComment la vérifier
L'outil est ergonomiqueUn manager valide une demande de congé en moins de trois clics depuis son téléphoneChronométré en démonstration
La solution gère le multi-sociétésUn salarié muté d'une société à l'autre conserve son historique et son anciennetéScénario de mutation fourni par nous
Le reporting est completL'effectif par établissement au dernier jour du mois sort sans retraitement ExcelExport produit sur nos données
L'outil s'interface avec la paieLes éléments variables validés partent vers la paie avant la coupure, avec un compte rendu d'erreursInterface décrite, référence client interrogée

Classez ensuite les exigences en trois niveaux (indispensable, important, souhaitable) et pondérez la grille de notation avec les métiers avant de recevoir les réponses. Un éditeur qui répond « standard » à une exigence indispensable sans pouvoir le montrer n'a pas répondu.

3. Décider qui fera quoi une fois l'outil en place

Un SIRH ne dit pas qui saisit, qui valide, qui corrige. Si cette répartition n'est pas posée avant le choix, elle se décide toute seule pendant le déploiement, en général au détriment de l'équipe RH.

Tranchez la frontière entre la DRH, les managers, les salariés et un éventuel centre de services partagés ; écrivez les niveaux de service et les circuits d'escalade. Cette organisation cible devient une exigence comme les autres, et elle écarte d'emblée les outils qui ne savent pas la porter.

4. Compter le coût complet, pas la licence

La licence est la partie visible. Sur cinq ans s'y ajoutent la mise en oeuvre, la reprise des données, les interfaces, la formation, les montées de version et le temps interne d'administration. Demandez à chaque candidat le même découpage, sur le même périmètre et la même durée, en distinguant le récurrent du ponctuel.

Les postes d'un coût complet sur cinq ans

PosteNatureQuestion à poser au candidat
Licences ou abonnementRécurrentPrix par salarié, paliers, révision annuelle
Mise en oeuvrePonctuelJours prévus par phase, ce qui reste à votre charge
Reprise des donnéesPonctuelHistorique repris, format attendu, qui nettoie
InterfacesPonctuel puis récurrentConnecteurs standard ou développement, maintenance comprise ?
Formation des équipesPonctuelFormats, nombre de personnes, supports fournis
Administration interneRécurrentTemps estimé par mois pour un administrateur
Montées de versionRécurrentFréquence, tests à refaire, coût éventuel

Comparez des totaux à cinq ans et regardez la part interne : un outil moins cher à l'achat mais qui réclame un administrateur à mi-temps coûte plus qu'il n'y paraît.

5. Faire démontrer sur vos cas, pas sur la démonstration de l'éditeur

Une démonstration standard montre ce que l'outil fait bien, jamais ce qu'il fait mal. Préparez trois ou quatre scénarios tirés de votre quotidien, avec des données anonymisées : une embauche avec reprise d'ancienneté, une session de formation annulée après convocation, une clôture de paie avec un élément variable arrivé en retard, un manager absent qui délègue ses validations.

Envoyez-les à tous les candidats avec le même délai, demandez à manipuler vous-même, et notez chaque démonstration sur la même grille, à plusieurs. Méfiez-vous des écrans trop fluides, des données parfaitement propres et du « c'est prévu dans la prochaine version ».

L'après-projet : support, run et TMA

Un projet dure quelques mois ; l'outil restera cinq à dix ans. Ce qui compte le plus pour vos équipes, c'est la façon dont vous serez accompagnés ensuite : quand un bulletin sort faux, quand une règle change, quand une montée de version casse une interface. C'est pourtant le chapitre le plus court de la plupart des réponses.

  • Le support : niveaux, canaux, horaires, langue, délais de prise en charge et de résolution par gravité, avec pénalités au contrat. Un incident de paie le jour du virement n'a pas l'urgence d'une question sur un rapport.
  • Le run : qui paramètre un nouveau motif d'absence ou une convention collective, qui intègre les évolutions légales, qui teste les montées de version et refait la recette des interfaces. Si c'est vous, ajoutez ce temps au coût complet.
  • La TMA (tierce maintenance applicative) : le contrat qui couvre évolutions et paramétrage après la mise en service, souvent un forfait de jours annuel. Faites préciser ce qu'il inclut, les délais, les profils qui interviennent et ce qui se passe quand il est épuisé.

Ce qu'il faut obtenir par écrit avant de signer

SujetCe qui doit être écrit
SupportNiveaux, canaux, horaires, délais par gravité, pénalités
Évolutions légalesRythme des livraisons, périmètre couvert, coût inclus ou non
Montées de versionFréquence, préavis, environnement de test, responsabilités
TMAJours inclus, délais, profils, tarif au-delà du forfait
InterlocuteurUn référent nommé, fréquence des points de suivi
RéversibilitéFormat d'export des données, délai, coût en fin de contrat

Ces engagements se négocient avant la signature. Après, ils se subissent. Un éditeur brillant en démonstration mais flou sur le support ne mérite pas la première place.

Avant de signer : références et entourage

Exigez de chaque finaliste deux ou trois clients comparables par la taille, le secteur et le périmètre, en production depuis plus d'un an, et appelez-les sans l'éditeur : qu'est-ce qui a pris plus de temps que prévu, le budget a-t-il tenu, comment se passe le support, que referiez-vous autrement ?

Interrogez aussi votre entourage professionnel : un DRH ou un responsable paie de votre secteur, une association, un réseau d'anciens. En quelques conversations, vous saurez quels outils sont réellement déployés dans des organisations comme la vôtre, et avec quelle satisfaction. Ces retours valent souvent plus qu'une réponse écrite de trente pages.

Check-list avant de lancer la consultation

Questions fréquentes

Combien de temps faut-il pour cadrer un appel d'offres SIRH ?

De quatre à huit semaines entre les premières observations et l'envoi du dossier, selon le nombre de processus couverts et la disponibilité des équipes.

Combien d'éditeurs consulter ?

Trois à cinq. En dessous, les points de comparaison manquent ; au-delà, le temps manque pour analyser chaque réponse et organiser des démonstrations sur vos cas.

Qu'est-ce que la TMA, et faut-il en prendre une ?

La tierce maintenance applicative couvre le paramétrage et les évolutions après la mise en service, souvent sous forme d'un forfait de jours annuel. Elle est utile dès que personne en interne n'est formé et disponible pour administrer l'outil.

Comment vérifier les références données par un éditeur ?

Demandez des clients comparables, en production depuis plus d'un an, et appelez-les sans l'éditeur. Complétez avec l'avis de pairs de votre secteur, que l'éditeur n'a pas choisis.

Ce que cela change

Un appel d'offres cadré ainsi prend quelques semaines de plus en amont et en fait gagner des mois en aval : les réponses sont comparables, le choix est défendable devant un comité de direction, et vous savez comment vous serez accompagnés une fois le projet terminé, là où tout se joue vraiment.

C'est le travail que nous menons dans nos missions d'aide au choix et d'audit SIRH, quel que soit l'éditeur en place ou pressenti. Si vous préparez un appel d'offres, parlons-en.

Pour aller plus loin

Toutes les ressources

Parlons de votre projet.

Un premier échange de 30 minutes suffit souvent à y voir clair : périmètre, calendrier réaliste, points de vigilance. Sans engagement.